Brûlure

Une brûlure peut se trouver dans différentes zones : parties molles de la peau, des tissus et même des os. Elles subissent alors une destruction totale ou partielle.

La brûlure est plus ou moins grave, tout dépend de plusieurs paramètres :

  • la cause de la brûlure
  • la taille de la surface touchée (% de la surface totale du patient)
  • sa topographie : une brûlure est toujours grave si elle est circulaire
  • sa localisation
  • sa profondeur, c’est le degré de brûlure

Plusieurs facteurs peuvent provoquer une brûlure : effet d’un rayonnement (par exemple, le coup de soleil – le rayonnement UVB  – le rayonnement infrarouge), contact avec un produit ou une substance caustique, frottement, par le froid (gelure), contact avec une source chaude (liquide, solide ou gazeuse), effet d’un courant électrique (électrisation), action d’une flamme (combustion).

On classe les brûlures en fonction de l’apparence et de l’importance des lésions. On parle du degré de brûlure. Or, il est difficile et subjectif de déterminer le degré d’une brûlure, même pour les médecins qui ne sont pas forcément d’accord entre eux. On recommande parfois de réapprécier les lésions 1 ou 2 jours plus tard car des évolutions sont possibles pendant ce délai. Certaines techniques, encore expérimentales à ce jour, sont disponibles pour une quantification du niveau de lésion un peu plus précise :

  • l’imagerie infrarouge
  • l’imagerie par Laser Doppler
  • la vidéomicroscopie

De plus, le degré de brûlure peut aussi varier sur une même personne.

La profondeur des brûlures

Pour une surface égale, plus la brûlure est profonde, plus elle est grave, tant sur le pronostic vital que sur le plan fonctionnel (séquelles esthétiques cutanées et/ou brides cicatricielles sur les peaux mobiles).

Après la brûlure, il faut laisser passer une phase de maturation cicatricielle durant laquelle les cicatrices sont naturellement inflammatoires et continuent d’évoluer, avant de déterminer si la cicatrisation se fera spontanément ou non.

Brûlures du premier degré (dites superficielles)

Lors d’une brûlure superficielle, seul l’épiderme est touché. Ces brûlures sont moins graves mais plus fréquentes que les autres. L’épiderme est alors le seul concerné. On observe alors, sur la zone touchée par ces brûlures, une augmentation de la sensibilité. De plus, des rougeurs apparaissent. Le coup de soleil est d’ailleurs l’exemple le mieux connu. On ne préconise pas de soins en particulier. En effet, la peau possède une capacité à se régénérer de façon naturelle. En cas de douleur, on l’atténuera simplement et facilement en appliquant sur la brûlure une compresse d’eau froide.

Brûlures du deuxième degré

On parle de brûlure du second degré si on observe l’apparition d’une ampoule (également appelée cloque ou phlyctène). Il existe, selon le degré d’atteinte du derme (peau), deux grandes sortes de brûlures du second degré : le second degré superficiel ainsi que le second degré profond.

Selon le cas, la peau aura en effet une capacité de régénération plus ou moins importante. Malheureusement, même un spécialiste pourra rencontrer des difficultés pour effectuer le diagnostic concernant la profondeur de la brûlure. Souvent, on parle de brûlure de “second degré intermédiaire”. Son évolution est suivie pendant 7 à 10 jours, avec pour objectif d’affiner le diagnostic initial. Il faut également savoir que, pour une même brûlure, il y a parfois coexistence de zones de brûlures ayant des profondeurs différentes. Cela explique la complexité et la difficulté de diagnostic.

Pour schématiser le cas général, il est admis que la brûlure du second degré superficiel se définit lorsque le derme se régénère de façon spontanée, sans surinfection. Au contraire, si la brûlure est dite “de second degré profond”, la peau rencontre des difficultés à se régénérer car les cellules souches épidermiques ont été fortement détruites, et les vaisseaux sanguins également atteints. Dans ce cas, la greffe de peau est souvent nécessaire.

On peut néanmoins se baser pour le diagnostic sur l’hypoesthésie. Il s’agit de la baisse, voire de la perte de sensibilité au niveau de la zone touchée. En effet, paradoxalement, cette zone indolore est souvent liée à une brûlure profonde (3ème degré). Lorsque le cas est urgent, cela permet d’orienter rapidement et efficacement le patient et de faciliter sa prise en charge.

Brûlures du troisième degré

En présence d’une brûlure du troisième degré, on observe que la peau est détruite entièrement : épiderme et derme (les deux couches de la peau). Les zones touchées, insensibles et sèches, sont alors particulièrement propices au développement d’infections. Elles prennent une coloration blanche, brune voire noire. A ce niveau d’atteinte, la régénération spontanée est impossible pour la peau, puisque la totalité de ses cellules cutanées ont été brûlées et détruites. La greffe de peau est alors une intervention essentielle, afin de permettre au patient de survivre. D’autant plus si la zone de brûlure a une surface étendue.

Brûlures du quatrième degré ou “carbonisation”

Lorsque les structures situées sous la peau sont touchées, à savoir les muscles, voire les os, cette brûlure particulièrement profonde est appelée carbonisation. C’est le cas le plus grave, avec urgence vitale, donc nécessité de pratiquer immédiatement une opération chirurgicale. La peau carbonisée prend un aspect cartonné.

La surface de la brûlure

La surface cutanée brûlée est calculée en pourcentage, en prenant pour référence la paume de la main du patient brûlé qui représente 1% de la surface totale de la peau.

En cas de brûlures plus étendues sur un adulte, le pourcentage est évalué en prenant pour référence la règle des  « 9 de Wallace » :

  • 9% pour la tête et le cou
  • 9% pour chaque membre supérieur (bras)
  • 18% pour chaque membre inférieur (jambe
  • 18% pour la face antérieure du tronc
  • 18% pour la face postérieure du tronc
  • 1% pour les organes génitaux externes (périnée)

Pour l’enfant, les surfaces se calculent différemment en raison de l’importance de la tête par rapport au reste du corps.

La localisation de la brûlure

Plus la brûlure est placée au niveau d’une région importante fonctionnellement, plus elle est grave.

  • Brûlures aux paupières : agit sur la protection de l’œil
  • Brûlures aux mains : provoquent des raideurs articulaires
  • Brûlures du visage : provoquent une atteinte respiratoire
  • Brûlures circulaires au niveau des membres et du thorax : entraînent un effet garrot

L’âge du patient brûlé

Le pronostic médical se base sur l’âge du patient d’après la règle du Pr Baux :

  • Si Age du brûlé + pourcentage de surface brûlée (d’au moins du 2ème degré) < à 50 % = 100% de chances de survie
  • Si Age du brûlé + pourcentage de surface brûlée (d’au moins du 2ème degré) > à 100 % = chances de survie inférieures à 10%

Les séquelles des brûlures

La chirurgie des brûlures, et de leurs séquelles, exige une parfaite connaissance des divers procédés de chirurgie réparatrice.

Malgré les précautions prises pour la prévention des séquelles de la brûlure (kinésithérapie, massages, attelles), les séquelles fonctionnelles et esthétiques restent fréquentes.

En majorité, les séquelles de la brûlure sont liées à la cicatrice cutanée, siège d’une réaction inflammatoire et d’une fibrose. Plus rarement, elles entraînent des problèmes tendineux et articulaires. Les cicatrices hypertrophiques et les rétractions cutanées sont les séquelles cutanées les plus fréquentes et qui posent le plus de problèmes, tant esthétiquement que fonctionnellement.

Les rétractations cutanées

En conséquence de la formation anormale de tissus fibreux dans la zone brûlée, les rétractions cutanées, appelées également brides, sont généralement situées à proximité des articulations (cou, épaules, genoux, doigts) ou au niveau du visage (paupières et lèvres). Elles sont assez handicapantes car elles limitent les mouvements articulaires et empêchent les paupières ou les lèvres de s’ouvrir et se fermer correctement.

Les cicatrices hypertrophiques

Les cicatrices de brûlures sont assez différentes des cicatrices traditionnelles car au lieu de disparaître progressivement après une courte période inflammatoire, elles sont anormalement rouges et boursouflées et s’accompagnent de démangeaisons.

Elles persistent jusqu’à un à deux ans pour les cicatrices “hypertrophiques” et indéfiniment pour les cicatrices chéloïdes.

L’hypersensibilité et la fragilité cutanée

Les cicatrices de brûlure entraînent une sensibilité cutanée quasi constante au moindre traumatisme (contact chaud/froid, frottement). Très ressenties en cas de cicatrices hypertrophiques, elles sont également très gênantes.

Troubles de la pigmentation

Un défaut de pigmentation est particulièrement remarqué chez les patients de peau noire. Cela se traduit également chez les patients de peau blanche par des taches brunes ou violacées.

La dégénérescence de la cicatrice

Au moindre doute sur l’apparition d’une ulcération chronique sur une cicatrice ancienne de brûlure, sans notion de traumatisme, il est important de réaliser un examen anatomo-pathologique pour rechercher la possibilité d’une cancérisation.

Les rétractations tendineuses et articulaires

Une mauvaise immobilisation de la zone articulaire brûlée peut provoquer des raideurs articulaires assez handicapantes.

VN:F [1.9.22_1171]
Notez la qualité de cette page :
Rating: 3.0/5 (1 vote cast)
Brûlure, 3.0 out of 5 based on 1 rating

Une réflexion au sujet de « Brûlure »

  1. Mon fils,12 ans, a été brulé par le feu,en 2006, au 3e degré et greffé (visage,bras, cuisses), à Paris..Malheureusement,depuis 6 ans, les cicatrices persistent, sont toujours rouges et ce, malgré les cures thermales et les séances de kiné (avec LPG)…Merci pour votre aide …Cordialement

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>