Cicatrisation

La cicatrisation d’une plaie intervient lorsqu’un nouveau tissu fibreux conjonctif se forme et la referme. La cicatrice est composée de tissu conjonctif qui a pris la place du tissu définitivement détruit. On observe une “compétition” entre le tissu spécialisé “noble” et le tissu conjonctif de comblement. Ceci dure pendant toute la cicatrisation. Or, le tissu fibreux cicatriciel possède une vitesse de formation supérieure à celle du tissu noble. Les cellules spécialisées et fonctionnelles du tissu abîmé ne peuvent donc se régénérer normalement.

Pendant le phénomène de cicatrisation (après une lésion ou une agression : brûlure, blessure, intervention chirurgicale, maladie), différents phénomènes locaux de défense apparaissent.

Toujours pendant la cicatrisation, les tissus et le système sanguin libèrent différents produits actifs : protéines diverses, enzymes, histamine, etc.

La cicatrisation se met en place selon différentes étapes :

  • Première étape : le sang coagule (devient solide), ce qui permet d’arrêter le saignement. Les globules blancs – ou leucocytes – présents dans le sang ont un rôle d’élimination des cellules mortes.
  • Seconde étape : elle dure entre cinq et quinze jours. Les fibroblastes (présents dans le derme adjacent) sécrètent des fibrilles collagènes.
  • Troisième étape : ces fibrilles, en “mûrissant” pendant plusieurs semaines voire mois, permettent la formation d’un réseau fibreux épais. Au sein des tissus lésés, un nouveau tissu est créé par les cellules ayant survécu. Son aspect diffère selon la zone où se trouve la lésion. On parle de granulation.

Dans le cas du tissu osseux, les cellules saines migrent puis prolifèrent au niveau de la partie atteinte. C’est pourquoi la structure reconstituée possède une nature identique à celle présente avant la blessure.

Autre cas : dans les artères lésées, le tissu musculaire et élastique est remplacé non pas par des fibres musculaires mais par du tissu fibreux, peu contractile. C’est pourquoi les artères cicatrisées présentent un risque assez important de rupture.

Si la cicatrisation est en fonction de chaque patient, il existe plusieurs types de phénomènes pouvant l’influencer : nutritionnels (dénutrition), métaboliques, endocriniens ou médicamenteux (corticoïdes en prise prolongée).

D’autres facteurs importants peuvent très fortement influencer l’évolution de l’apparence cicatricielle comme l’âge et la couleur de la peau par exemple.

On distingue 2 types de cicatrisation, selon l’aspect et la nature de la plaie :

  • cicatrisation de première intention : il s’agit de plaies linéaires, à bords parfaitement rapprochés, non infectées. Elles sont généralement dues à l’incision lors d’une chirurgie ou pour certains traumatismes spécifiques. Rapide, la cicatrisation est également de bonne qualité. Elle peut être spontanée ou “aidée ” par des sutures (fils ou agrafes) en cas de plaie trop profonde.
  • cicatrisation de seconde intention : lorsque la plaie est large et que ses bords sont éloignés (ulcères ou brûlures). Les cellules saines (issues du bord de la plaie) migrent au fond de la plaie pour la recouvrir. Un tissu cutané tout neuf se construit lentement et génère une cicatrice très souvent inesthétique. Le suivi médical sera alors particulièrement rigoureux. On utilise différents moyens physiques et des médicaments dermatologiques, comme des pommades, des solutions ou des pansements,  en vue d’éliminer les débris et excès de sécrétions (détersion), favoriser la granulation (prolifération de nouveau tissu) et l’apparition d’un nouvel épiderme et de désinfecter (antiseptiques).

L’apparition d’une cicatrice indélébile et définitive est obligatoire après toute infection, lésion du derme ou incision chirurgicale. C’est pourquoi les opérations de chirurgie esthétique comportent toujours des cicatrices indélébiles. Cependant, les techniques actuelles permettent souvent d’en améliorer l’apparence.

6 à 36 mois sont nécessaires pour permettre au processus de cicatrisation de s’effectuer. Alors seulement, la cicatrice se stabilise et il est possible d’évaluer son aspect.

L’évolution d’une cicatrice chirurgicale se fait sur une longue période. Le processus comporte 4 phases :

  • on ôte les fils de suture : apparition de la cicatrice (linéaire et fine).
  • la cicatrice devient alors dure, gonfle légèrement et rougit. Des démangeaisons peuvent apparaitre. Cette étape, tout-à-fait normale, dure 4 à 8 semaines.
  • puis la cicatrice redevient blanche. On observe l’arrêt des démangeaisons et la récupération de l’aspect plan des tissus et de leur souplesse. Il faut une année à la cicatrice pour se stabiliser et devenir définitive.
  • définitive, la cicatrice est également indélébile. Dans la majorité des cas, la cicatrice est discrète, souple, indolore, blanche et insensible. Glandes sudoripares et poils en sont absents.

Toute cicatrice devra être impérativement protégée du soleil. La cicatrisation, spontanée en cas de plaie ou suite à une suture, est une phase fragile pendant 6 mois à 3 ans. Si une cicatrice est exposée aux rayons durant cette phase, on observe un phénomène de “bronzage”. Elle se pigmente de façon définitive (dyschromie). Elle devient alors très peu esthétique au moment où la peau perd son bronzage.

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